Un étudiant N7 effectue un vol zéro G

Dans le cadre du concours "Expedition Z" organisé par HP et NASA Tech Briefs, remporté par la Team France composée en partie par des N7iens, l'équipe a eu l'opportunité de participer à un vol zéro G.

 

Interview de Rémi Gourdon

Qu’est-ce que le concours Expedition Z ?

Le concours Expedition Z a été initié par HP en partenariat avec le mensuel scientifique américain NASA Tech Briefs. Il s’agissait pour HP de promouvoir sa gamme d’ordinateurs portables professionnels ZBook auprès du public de l’industrie spatiale notamment. En effet, des ordinateurs de cette gamme sont actuellement expédiés vers la Station Spatiale Internationale pour y être utilisés à la fois pour le fonctionnement même de la station, pour des expérimentations scientifiques mais aussi pour le divertissement des astronautes.

Le concours était organisé en France, en Grande-Bretagne et en Allemagne, avec une équipe sélectionnée dans chaque pays, comprenant 5 personnes, et menée par un 6ème membre choisit en amont par l’équipe d’organisation.

Comment as-tu eu connaissance de ce concours ?

J’ai été informé de la tenue de ce concours par une ingénieure toulousaine rencontrée lors de mon arrivée sur Toulouse dans le cadre d’événements liés au spatial. Elle avait été approchée par HP pour mener l’équipe française lors du concours et m’a donc encouragé à tenter ma chance.

Pourquoi as-tu participé à ce concours ?

J’ai choisi de venir à l’ENSEEIHT pour la forte spécialisation de sa formation en électronique, mais également pour me rapprocher de l’industrie spatiale. Depuis mon arrivée j’ai eu la chance de prendre part à de nombreux événements sur cette thématique, d’y rencontrer beaucoup de gens passionnants et ce concours apparaissait donc comme une suite logique.

Comment s’est conçue l'équipe ?

Les candidatures ont été déposées durant le mois d’Août 2016 sur le site du concours. Celles-ci incluaient le profil des candidats mais également un texte de quelques centaines de mots décrivant une idée d’application pour la Station Spatiale Internationale qui permettrait d’améliorer la vie des astronautes, et ce parmi 4 thématiques (travail, sommeil, alimentation et divertissement).

Une pré-sélection a alors été effectuée par les équipes d’HP et de NASA Tech Briefs pour retenir 10 candidats potentiels dans chacun des 3 pays. La liste a finalement été réduite à 5 personnes par chacun des chefs d’équipe.

L’équipe française a donc réuni une ingénieure d’Airbus Defence and Space, une ingénieure du MEDES et ancienne de l’ENSEEIHT, un autre ingénieur du MEDES, un étudiant de Polytechnique et Supaero, un designer graphique et moi-même.

Parle nous du projet que vous avez défendu.

L’idée proposée par notre équipe s’est avérée être une combinaison de la plupart des propositions que nous avions pu faire individuellement lors des sélections. Nous avons choisi de développer l’idée d’un nouveau module pour la station, baptisé CALM (Cocoon Area and Leisure Module). L’idée était d’offrir aux astronautes un espace où ils seraient en mesure de s’extraire virtuellement de l’environnement confiné et bruyant de la station, notamment lors de missions de longue durée.

L’élément central du module proposé serait un siège équipé d’un système d’annulation du bruit ambiant et capable de simuler la gravité. Les deux ailes du module, équipées de structures permettant d’y cultiver des plantes, dont la pousse a déjà été expérimentée dans la station, apporteraient une touche un peu terrestre au laboratoire orbital. Finalement, l’extrémité du module, tournée vers les étoiles, proposerait une vue exceptionnelle sur l’Univers, de la même façon que le module Cupola européen offre déjà une vue incroyable sur la Terre.

Quelle expérience peux-tu en retirer ?

La première phase du concours, qui s’est déroulée sur un week-end au Musée de l’Air et de l’Espace  au Bourget, s’est approchée de l’ambiance très intense d’un hackathon, que j’avais déjà pu expérimenter à Toulouse lors d’ActInSpace en Mai 2016.

Tout l’intérêt d’une équipe diverse s’est fait sentir, puisque nous avons dû faire preuve de créativité dans le design du module tout en prenant en considération les spécificités du milieu spatial, même si la faisabilité n’était pas le critère d’évaluation principal.

 

Suite à ce concours, tu as eu l’opportunité de faire un vol zéro G, peux-tu nous en parler ?

Le premier prix du concours comprenait en effet 6 tickets pour un vol parabolique en Floride, et l’expérience fut incroyable ! Nous sommes partis en Février 2017 pour une semaine aux Etats-Unis et avons pu effectuer le vol le samedi 18 Février, à Orlando.

Après quelques informations de sécurité, nous avons embarqué à bord du Boeing 727 de la Zero G Corporation, modifié spécialement pour ce type de vols (touristiques et scientifiques). Le vol complet a duré environ 2 heures, le temps de rejoindre le large espace aérien réservé au large des côtes de Floride. Une fois sur place et après avoir quitté les sièges réservés au décollage et à l’atterrissage pour rejoindre le cœur matelassé de la cabine, les pilotes ont entamé la série de 15 paraboles. L’enchaînement était le suivant : 1 parabole martienne (1/3 de gravité terrestre) suivie de 2 paraboles lunaires (1/6 de G) pour enfin atteindre l’impesanteur sur les 12 paraboles suivantes.

L’effet produit par cette trajectoire particulière est en tous points similaire à ce que les astronautes peuvent vivre dans l’espace. La différence majeure étant la durée de l’effet, puisque les phases de 0 gravité sont limitées à 25 secondes au sommet de chaque parabole. Les phases intermédiaires se font quant à elles en double gravité et il est donc recommandé de rester calmement allongé au sol pour limiter les effets de l’accélération… L’objectif est donc de profiter un maximum dès la première seconde de zéro gravité, qui s’impose d’elle-même et vous fait gentiment décoller du sol et flotter au milieu de la cabine ! Ensuite seule l’imagination limite les possibilités : saltos, vrilles, gobage de bonbons ou de gouttes d’eau…

Bonus de ce voyage en Floride et hasard du calendrier, nous avons pu assister à un lancement de SpaceX depuis Cap Canaveral, une première pour plusieurs d’entre nous et la chance pour nos deux ingénieurs CNES/MEDES de voir leur travail s’envoler pour la Station Spatiale Internationale !

Est-ce que cette expérience a eu un impact sur ton projet professionnel ?

Je pense que cette expérience a surtout eu pour effet de renforcer mon envie de travailler dans l’industrie spatiale à l’avenir, ce qui était déjà assez clair pour moi après ces quelques années à Toulouse.

Il m’est encore assez difficile de dire de quelle manière je souhaiterais participer à l’aventure spatiale, mais ce type de concours accroît mon envie de me tester dans une startup de la mouvance du « New Space », ce qui sera le cas d’ici quelques semaines pour mon projet de fin d’études !

Retour en images sur le vol Zero G

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